L'Etape du Tour 2009 : Montélimar - Le Ventoux (20/07/08)
Comme prévu ce fut une belle journée ensoleillée, sans froideur matinale, avec un vent plutôt favorable et porteur en permanence des senteurs de lavande, le tout accompagné du chant des cigales, dans des paysages enchanteurs .Sûrement une des plus belles étapes que j’ai disputée.
C’est vrai, du côté de Bédoin, à l’heure ou nous arrivâmes, vers 13h , le soleil avait pris complète possession du ciel et il faisait un petit 35°, palpable dans la forêt, mais très atténué dans la rocaille après le Chalet-Reynard par un vent de face, pas le mistral, juste une brise rafraîchissante qui venait récompenser les efforts jusqu’au mur sommital.
La logistique qui paraissait compliquée se révéla parfaite , ( merci Gil ), tous les membres du CSM 13 se retrouvèrent de bon matin ( 5.15h ! ) à Valence pour prendre la route de Montélimar déjà bien encombrée par les voitures particulières, les cars, et les courageux( ou imprévoyants ) cyclistes qui gagnaient le départ avec un échauffement de 30 à 40 kms !
A 6.15h je suis dans mon sas, ayant perdu de vue les collègues dans les méandres à suivre à travers la ville pour gagner la ligne de départ, et là commence cette attente insidieuse pendant laquelle tout se bouscule dans la tête, le parcours, suis-je assez entraîné, je n’ai pas pu rouler cette semaine vais-je en faire les frais, ai-je assez mangé, partir vite ou pas, petit plateau ou non pour les premiers cols, il y a des anglais , des japonais, des américains mais personne de ma connaissance, et ce speaker qui n’arrête pas de faire de la publicité, de rappeler les consignes de propreté qui déjà, sur la ligne de départ sont bafouées ! Nous sommes 8500 à vouloir vaincre le géant de Provence.
7h, les meilleurs s’élancent, je passe la ligne à 7.15h et bonne surprise, ce n’est pas un départ ultra rapide comme j’ai pu en connaître, qui vous met en apnée immédiatement. Non, ça roule vite, un peu vite pour moi, mais faut-il le rappeler il s’agit d’une course avec une voiture balai. Difficile donc de se relever et d’adopter un rythme moins soutenu. Je roule donc et quand Sylvain, Jacky et Just reviendront sur moi, on verra.
Petit avantage , j’ai reconnu le parcours en voiture, je ne serai pas surpris par le relief.
Côte de la Citelle, plongée sur Nyons, col d’Ey et premier ravitaillement avec la pagaille habituelle à Buis les Baronnies :10 minutes d’arrêt et je repars sans avoir vu un maillot du club, étrange !
Col de Fontaube, nous pénétrons dans le Vaucluse, col des Aires et enfin Sault, 110 ème km, 2 ème ravitaillement. C’est joli, il y a un monde fou, les encouragements fusent mais je commence à manquer de forces .Et toujours personne du club , que se passe-t-il ?
A l’assaut du col des Abeilles, un col traître, un départ violent, le sommet croit-on, en fait à 2 reprises il y a une descente suivie d’une remontée, c’est pas bon pour le moral .Une descente vertigineuse sur une route très large donc dangereuse car ça double à droite , à gauche, certains freinent beaucoup trop et gênent, bref on est content d’arriver sur la route qui mène à Bédoin. Ce col des Abeilles, je le connaissais pour avoir disputer avec Bernard Lamothe la Tom Simpson il y a de cela un grand nombre d’années, et à l’époque après ce col on montait 2 fois de suite le Ventoux. Une grande année pour nous puisque en l’espace de 6 jours nous avions enchaîné la T Simpson, la Marmotte sous le soleil et la Fausto Coppi sous la neige.
Bédoin, plus exactement Ste Colombe, fin des réjouissances et début des gros ennuis ! Il faut tout donner même quand il n’y en a plus. 23kms d’ascension à partir de Bédoin pour atteindre les 1912 m du Mont Ventoux. Une première partie droit dans la forêt, la caravane monte, silencieuse dans la chaleur étouffante de ce début d’après-midi ,parfois des arrêts, parfois de la marche, beaucoup de dignité dans la souffrance, beaucoup d’encouragements, quelques chutes et oui, même en montant( pas assez vite). Je m’arrête plusieurs fois car les crampes se signalent et à environ 2 kms du Chalet-Reynard, au moment ou je repars ( pas facile de remettre les cales sur des pentes à 11%), j’aperçois Jacky et son couvre-chef original, le regard fixé vers le sommet. Je lui glisse 2/3 mots, pas de réponse, je poursuis pour m’arrêter au Chalet-Reynard pour savourer un Perrier et souffler un peu.
L’ascension reprend, dans les cailloux, mais avec toujours en point de mire le sommet du géant de Provence, une petite brise de face, une belle route large avec les camping cars, les voitures sur les bas côtés, comme dans le Tour de France, et les spectateurs :, »allez, il ne vous aura pas, c’est vous qui l’aurez !, », de plus en plus de marcheurs , dernier virage à droite toute, le mur MAIS la ligne d’arrivée ! Ouf, c’est gagné, je suis pris de vomissements mais qu’importe, c’est fait, il ne reste plus qu’à redescendre jusqu’au Mont Serein pour le ravitaillement puis à Malaucène, ce qui fera un total de 195 kms pour la journée.
1er : Dimitri Champion( Champion de France) en 5.11h 16è : Laurent Brochard à 13 mn 102 : Cédric Vasseur à 44 mn 257 : Alain Prost à 1.06h
3940 : Jacky V. : en 8h40
4094 : Alain A. : en 8h45
6216 : Just de V. : en 9h5
Encore de beaux souvenirs pour cet hiver ! Et une épreuve impeccable au niveau de l’organisation et de la sécurité. Quel plaisir de rouler sur des routes sans voiture, exceptées celles de la gendarmerie ou des secouristes.Le Narrateur : Alain A.